Ptosis : la paupière supérieure qui tombe

Le ptosis est une chute de la paupière supérieure. Elle peut couvrir une partie de la pupille, réduire le champ de vision vers le haut, donner un regard fatigué, et obliger à relever les sourcils ou à basculer la tête en arrière. On peut le corriger quand il gêne la vue ou pour restaurer l’aspect du regard.

D’où vient un ptosis

Le plus souvent, le muscle releveur de la paupière est affaibli ou se détache de sa fixation. Chez l’adulte, la forme la plus courante est liée à l’âge (le ptosis « aponévrotique »). Une chirurgie de l’œil, dont celle de la cataracte, peut y contribuer. Plus rarement, la cause est neurologique : atteinte du nerf de la troisième paire crânienne, du nerf sympathique, ou myasthénie. Dans la myasthénie, le traitement est médical.

Urgence : un ptosis apparu récemment ou brutalement, surtout avec une vision double, une douleur, des maux de tête intenses, une pupille de taille différente d’un œil à l’autre, ou une faiblesse, une gêne pour parler ou avaler, doit être vu sans attendre. Appelez le 15 ou prenez rendez-vous aux urgences.

Le bilan

On mesure l’ouverture de la paupière et la force du muscle releveur : c’est elle qui détermine la technique. On recherche la cause, on regarde le retentissement sur le champ de vision, et la façon dont les paupières se ferment et dont l’œil supporte la chirurgie (sécheresse, faiblesse du muscle qui ferme les paupières).

L’opération

Trois techniques principales existent, selon la force du releveur : raccourcir le muscle releveur, raccourcir le muscle de Müller, ou relier la paupière au muscle du front par une bandelette, synthétique ou prélevée sur le patient, quand le releveur ne se contracte presque plus. La voie d’abord passe par la peau (cicatrice cachée dans le pli) ou par l’intérieur de la paupière (cicatrice invisible) en fonction de la technique.

Chez l’adulte, l’anesthésie est locale, avec sédation. Il s’agit le plus souvent d’une chirurgie ambulatoire.

La vraie difficulté est le dosage. La position de la paupière pendant l’opération n’est pas celle du lendemain, qui n’est pas celle de trois mois plus tard. Plus on remonte la paupière, plus le regard s’ouvre, mais plus il devient difficile de fermer l’œil, surtout la nuit. Il faut trouver un compromis entre l’aspect et la tolérance de l’œil : c’est une chirurgie délicate.

Les suites

  • Les paupières se ferment souvent mal les premiers jours, parfois les premières semaines. Il faut mettre du gel et une pommade protectrice pour que la cornée ne se dessèche pas. Parfois, un fil tire la paupière inférieure vers le front pour fermer l’œil les premières nuits.
  • Un contrôle est prévu entre 5 et 10 jours. Une douleur vive ou une baisse de vue importante impose de le faire plus tôt.
  • Comptez environ dix jours à l’écart de la vie sociale (gonflement, bleus).
  • Le résultat est considéré comme stable après un an.

Les risques

  • Intolérance de l’œil par exposition de la cornée : rare, mais elle justifie une surveillance rapprochée les premières semaines.
  • Résultat imparfait : sur- ou sous-correction, forte asymétrie, déformation du bord de la paupière, cils mal orientés, pli mal placé. Une nouvelle intervention, précoce ou tardive, est possible même quand l’opération est bien faite : le risque est de 5 à 15 % selon le type de ptosis.
  • Asymétrie persistante dans le regard vers le haut ou vers le bas si le muscle est atteint : la correction est recherchée dans le regard droit devant.

Questions fréquentes

Peut-on traiter un ptosis sans opération ?

Il n’existe pas de traitement médical, sauf exception (le ptosis de la myasthénie). Dans la forme liée à l’âge, le traitement est chirurgical.

Le ptosis est-il remboursé ?

Lorsqu’il gêne la vue, l’opération peut être prise en charge par l’Assurance maladie selon ses règles. Lorsque l’objectif est uniquement esthétique, elle ne l’est pas. On vous le précise en consultation, avant l’opération.

Quand puis-je reprendre mes activités ?

Comptez une dizaine de jours à l’écart de la vie sociale. Le chirurgien précise la reprise du travail et du sport.

Prendre rendez-vous

Pour une consultation ou une chirurgie. Pensez à apporter votre dossier médical ainsi que vos ordonnances habituelles.