Le LASIK et la PKR sont deux techniques de laser sur la cornée pour corriger la myopie et l’astigmatisme, et dépendre moins de ses lunettes ou de ses lentilles. Ce sont de vraies opérations, faites sous anesthésie locale (collyres), sans hospitalisation. Le Dr Mathieu les réalise à la Nouvelle Clinique Bel Air.
Ce qu’on peut attendre, et ce qu’on ne peut pas promettre
Le but est de réduire, parfois de supprimer, le besoin de lunettes ou de lentilles pour voir de loin. Personne ne peut le garantir : le résultat dépend de la cicatrisation, et une retouche est parfois nécessaire. Même avec un bon résultat, la vue continue d’évoluer avec l’âge : la presbytie, qui apparaît souvent avant 50 ans, rendra les lunettes utiles pour lire.
PKR ou LASIK : la différence
PKR
On retire la couche superficielle de la cornée (l’épithélium), puis le laser traite la surface. Il n’y a pas de volet. En contrepartie, l’épithélium doit cicatriser : les yeux sont douloureux pendant 2 à 3 jours environ, la vue revient progressivement à partir de la première semaine, et une lentille thérapeutique est posée quelques jours pour faciliter la cicatrisation. Des lunettes de soleil sont fortement recommandées en cas d’exposition au soleil, le temps de la cicatrisation.
LASIK
Un volet est découpé dans l’épaisseur de la cornée, le plus souvent avec un laser femtoseconde, puis soulevé. Le laser traite la cornée en dessous, et le volet est remis en place. L’œil est peu ou pas douloureux et la vue revient en quelques heures à quelques jours. Le volet reste un point faible : il faut éviter de se frotter les yeux.
La technique la plus adaptée est choisie avec vous après le bilan. D’autres techniques existent (extraction de lenticule, implants) et peuvent mieux convenir à certains yeux : c’est aussi l’objet du bilan.
Le bilan : l’étape la plus nécessaire
Le choix des patients est l’étape la plus importante de tout le processus. Le bilan comprend un examen complet de l’œil et de la réfraction, la cartographie de la cornée (topographie), la mesure de son épaisseur, la mesure de la pupille, la recherche d’une sécheresse oculaire, et un entretien médical : maladies, traitements, antécédents personnels et familiaux, attentes. Certaines maladies et leurs traitements gênent la cicatrisation de la cornée.
Le bilan peut conclure qu’il vaut mieux ne pas opérer, par exemple si la cornée est trop fine ou fragile (kératocône), si une sécheresse importante n’est pas traitée, ou si vos attentes ne sont pas réalistes. Si vous portez des lentilles souples, il faudra les arrêter 7 jours avant le bilan ; pour les lentilles rigides, au minimum 4 semaines.
Certains métiers ont des règles d’aptitude visuelle : armée, police, gendarmerie, pompiers, SNCF, transport aérien ou routier. Vérifiez auprès de l’administration concernée si la chirurgie réfractive est acceptée avant de vous décider.
L’opération et les suites
- L’opération se fait en milieu stérile, sous anesthésie locale par collyres, et demande votre coopération. Il n’y a pas d’hospitalisation.
- Après une PKR : douleurs pendant 2 à 3 jours, collyres et traitement contre la douleur, récupération visuelle progressive dès la première semaine.
- Après un LASIK : œil peu ou pas douloureux, récupération en quelques heures à quelques jours, soins réduits à des gouttes.
- Le travail, le sport, certains instruments et la conduite peuvent être déconseillés un temps, à préciser avec le chirurgien. Les rendez-vous de contrôle sont importants.
- Ne vous frottez pas les yeux : la cornée est amincie, donc plus fragile.
Ces opérations portent sur des yeux non malades : l’Assurance maladie ne les prend pas en charge et elles n’ouvrent pas droit à un arrêt de travail. Vous recevez une information sur tous les coûts et vous disposez d’un temps de réflexion suffisant avant de décider.
Les risques
Malgré de très bons résultats et plusieurs dizaines d’années de recul, ces opérations n’échappent pas à la règle : il n’y a pas de chirurgie sans risque. Le résultat recherché ne peut jamais être garanti totalement, parce qu’il dépend de la cicatrisation. Une correction complémentaire par lunettes, par lentilles ou une retouche est parfois nécessaire.
Pendant l’opération, les incidents sont rares et imprévisibles. La découpe du volet, au LASIK, ou celle d’un lenticule peut être imparfaite : la procédure est alors interrompue, et la forme ou la transparence de la cornée peut en être altérée.
Les complications sévères sont très rares. Elles peuvent imposer une nouvelle intervention, réduire l’acuité visuelle même avec correction, et dans les cas les plus extrêmes entraîner une perte importante de vision. Il s’agit :
- d’une infection ou d’une inflammation ;
- d’une cicatrisation anormale, pouvant aboutir à une opacification de la cornée, superficielle (le « haze », propre à la PKR) ou profonde ;
- d’une déformation de la cornée (ectasie), responsable d’un astigmatisme irrégulier ;
- d’une anomalie de réalisation du volet, ou de son déplacement secondaire, après un LASIK ;
- de douleurs persistantes, qui demandent une prise en charge spécifique au long cours.
D’autres conséquences, moins sévères, sont plus courantes :
- une perception de halos autour des lumières ;
- une sécheresse oculaire, qui régresse le plus souvent au bout de quelques mois ;
- une tendance à l’éblouissement et une gêne à la vision nocturne ;
- une vision dédoublée ou une déformation des images ;
- un abaissement de la paupière supérieure.
Transitoires ou définitives, ces complications nécessitent parfois un traitement médical ou chirurgical, parfois en urgence.
Ces éléments reprennent la fiche d’information n° 9A de la Société française d’ophtalmologie (janvier 2026), remise et commentée en consultation avant l’opération.
Questions fréquentes
PKR ou LASIK : laquelle est faite pour moi ?
Cela dépend de votre cornée (épaisseur, forme), de votre correction, de votre mode de vie et de vos préférences. C’est le bilan qui permet de trancher.
Est-ce que ça fait mal ?
L’œil est anesthésié par des collyres pendant l’opération. Après un LASIK, la douleur est faible ou absente. Après une PKR, comptez 2 à 3 jours de douleur, traitée par des médicaments.
Le résultat est-il définitif ?
La cornée remodelée le reste, mais l’œil continue de vieillir : presbytie, puis un jour peut-être cataracte. La correction peut aussi évoluer et rendre les lunettes de nouveau nécessaires.
Et si le résultat n’est pas parfait ?
Une correction complémentaire par lunettes, lentilles ou retouche est parfois nécessaire. Les modalités, coût compris, se clarifient avant l’opération.
Mon métier accepte-t-il cette chirurgie ?
Pas forcément. Les règles d’aptitude visuelle changent souvent : renseignez-vous vous-même auprès de l’administration concernée avant de vous décider.
Prendre rendez-vous
Pour une consultation ou une chirurgie. Pensez à apporter votre dossier médical ainsi que vos ordonnances habituelles.