Chirurgie de la cataracte à Bordeaux et Bruges

La cataracte est une opacification du cristallin, la lentille qui se trouve derrière l’iris. Elle vient le plus souvent avec l’âge. La vue devient floue ou voilée, les phares éblouissent, les couleurs se ternissent. Aucun médicament, aucun collyre ne la fait disparaître : le seul traitement est l’opération.

Le Dr Mathieu opère la cataracte à la Nouvelle Clinique Bel Air. Il vous voit avant et après l’opération à Bordeaux ou à Bruges.

Faut-il opérer, et quand ?

Il n’existe pas de seuil de vision à partir duquel on « doit » opérer. Pour la Haute Autorité de santé, l’opération se discute lorsque la vue ne suffit plus à vos besoins de tous les jours (lecture, conduite, travail, autonomie) et qu’on peut raisonnablement espérer l’améliorer. Il y a aussi des raisons médicales : la cataracte gêne l’examen du fond d’œil, ou un cristallin qui grossit favorise certains glaucomes.

Les bénéfices attendus doivent l’emporter sur les risques ; c’est ce qu’on pèse ensemble en consultation.

Avant l’opération

Après l’examen, des mesures précises de l’œil (la biométrie) permettent de calculer la puissance de l’implant. On vérifie aussi qu’il n’y a pas une autre maladie de l’œil (rétine, cornée, glaucome) qui limiterait le résultat. Une consultation d’anesthésie avant l’opération, même quand l’anesthésie est locale est recommandée.

Comment se passe l’opération

Vous êtes allongé sur le dos, sous un microscope, et vous regardez une lumière. Le chirurgien passe par une incision de quelques millimètres, retire le contenu du cristallin en gardant son enveloppe (la capsule), et met à la place un implant : une petite lentille artificielle qui reste en place.

L’œil est anesthésié, le plus souvent avec des gouttes ou un gel, associés si besoin à une sédation légère par voie générale pour diminuer l’anxiété. Parfois, une injection à côté de l’œil est nécessaire ; l’anesthésie générale reste exceptionnelle. En général, vous repartez le jour même après quelques heures de surveillance.

Un antibiotique est injecté dans l’œil en fin d’intervention. L’incision est en général étanche d’elle-même ; parfois, elle est suturée. Si la situation est différente de ce qui était prévu, le type d’implant peut être modifié pendant l’opération. Chaque œil est opéré séparément ; l’intervalle entre les deux se décide avec vous ; il est au minimum d’une semaine.

Si vous avez aussi un glaucome, un micro-stent peut être posé dans le même temps opératoire pour faire baisser la pression de l’œil : voir la page chirurgie mini-invasive du glaucome.

Le choix de l’implant

Il dépend de vos habitudes visuelles et de ce que permettent vos yeux. Le Dr Mathieu propose plusieurs familles.

  • Monofocal. Une seule distance nette, le plus souvent de loin. On peut aussi calibrer un œil sur la vision intermédiaire : c’est ce qu’on appelle la monovision, qui ne convient pas à tout le monde et se teste avant. Il faut des lunettes pour lire ou pour d’autres distances. C’est l’implant standard : il donne en règle de bons résultats, avec une correction par lunettes en complément.
  • Torique. Il corrige en même temps l’astigmatisme. Il ne le corrige pas toujours complètement, et il doit être posé dans un axe précis, mesuré avant l’opération.
  • Multifocal (trifocal). Il cherche à réduire le besoin de lunettes de loin, de près et en vision intermédiaire.
  • À profondeur de champ étendue (EDOF). Il cherche à rendre indépendant des lunettes de loin et à distance intermédiaire, par exemple pour l’ordinateur ou le tableau de bord.

Les implants multifocaux et EDOF ont un prix. Des halos autour des lumières le soir, souvent présents au début, peuvent s’estomper avec le temps, mais gênent parfois la conduite de nuit. Le contraste peut baisser un peu par rapport aux implants monofocaux. Certaines maladies de l’œil contre-indiquent ces implants. Les EDOF donnent en général moins d’effets indésirables que les multifocaux, mais rendent beaucoup moins indépendant des lunettes pour la vision de près.

Ces implants dits « premium » ne sont que partiellement pris en charge par l’Assurance maladie. Le surcoût éventuel vous est indiqué avant l’opération, et votre complémentaire santé peut le prendre en charge. Ils ne sont pas obligatoires.

Malgré un calcul précis, il peut rester un défaut de vue. On peut alors discuter d’un ajustement : laser sur la cornée, échange de l’implant, ajout d’un second implant. Si vous avez déjà eu une opération au laser de la myopie (LASIK, PKR), le calcul de l’implant est moins précis.

Après l’opération

Le jour même, ne conduisez pas et reposez-vous jusqu’au lendemain. Un œil un peu rouge qui pleure, une vue trouble, une sensation de grain de sable : tout cela est fréquent et ne doit pas vous inquiéter.

  • Vous mettez les collyres prescrits (un antibiotique et un anti-inflammatoire) et vous les poursuivez aussi longtemps que l’ordonnance le précise.
  • Dès le lendemain, vous pouvez sortir, lire, regarder la télévision. La reprise du travail, de la conduite et du sport est précisée par le chirurgien.
  • Ne frottez pas l’œil opéré. Pas de maquillage des yeux la première semaine. Pas d’eau directement dans l’œil la première semaine, pas d’immersion pendant 15 jours (piscine…). Une coque de protection est conseillée pour les premières nuits.
  • Vos lunettes définitives sont prescrites en général 3 à 4 semaines après, le temps que la vue se stabilise.

La vue s’améliore le plus souvent en quelques heures à quelques jours. Si l’œil a une autre maladie (glaucome, rétine, cornée), la récupération peut être limitée.

Contactez le cabinet sans attendre, ou à défaut un service d’urgences ophtalmologiques, en cas de douleur de l’œil opéré, de baisse de vision par rapport au lendemain de l’opération, de rougeur qui augmente, de nombreuses mouches volantes, de voile noir ou d’éclairs. Les dix premiers jours sont la période où cette vigilance compte le plus.

Résultats et risques

La cataracte est l’opération la plus pratiquée dans le monde et ses résultats sont en général très bons. Elle reste une opération : personne ne peut vous garantir le succès, ni la correction complète de votre vue.

  • Rupture de la capsule postérieure du cristallin pendant l’opération : dans moins de 5 % des cas selon la SFO. Elle peut modifier le choix de l’implant, allonger l’opération, et nécessiter un geste complémentaire ou une deuxième opération.
  • Infection à l’intérieur de l’œil : moins de 1 cas sur 1000. Rare, mais grave.
  • Complications sévères, exceptionnelles : décollement de la rétine, œdème permanent de la cornée, œdème de la macula, déplacement excessif de l’implant, hémorragie profonde de l’œil. Elles peuvent nécessiter une nouvelle opération et, dans les cas les plus extrêmes, conduire à une perte de vision, voire à la perte de l’œil.
  • Moins graves : sécheresse oculaire (souvent transitoire), sensibilité à la lumière, inflammation, hausse de la pression de l’œil, chute partielle de la paupière supérieure, mauvaise étanchéité de la cicatrice.
  • La cataracte « secondaire » : chez environ un patient sur trois, la capsule qui porte l’implant s’opacifie dans les années qui suivent, et la vue baisse à nouveau. Il ne s’agit pas d’une nouvelle opération : une brève séance de laser YAG suffit.

Questions fréquentes

Est-ce que ça fait mal ?

L’œil est anesthésié, le plus souvent avec des gouttes. Le geste est indolore, et les suites également dans la grande majorité des cas. Une gêne (grain de sable, picotements) est possible les premiers jours et peut parfois se poursuivre plusieurs semaines.

Combien de temps dure l’opération ?

Vous restez allongé pour l’intervention moins de 15 minutes dans la majorité des cas. Le passage à la clinique dure quelques heures en tout, préparation et surveillance comprises.

Faut-il attendre que la cataracte soit « mûre » ?

Non. Selon la HAS, la baisse d’acuité n’est plus un critère pour opérer. Ce qui compte, c’est la gêne dans votre vie quotidienne.

La cataracte peut-elle revenir ?

Le cristallin opacifié est retiré : la cataracte ne revient pas. Mais la capsule qui soutient l’implant peut s’opacifier avec le temps et donner les mêmes symptômes. Un laser YAG règle le problème.

Serai-je débarrassé de mes lunettes ?

Cela dépend de l’implant et de votre œil. Avec un implant monofocal, on garde en général des lunettes, surtout pour lire. Les implants multifocaux et EDOF réduisent ce besoin sans le garantir.

Puis-je prendre l’avion après l’opération ?

Oui, dès le lendemain, sauf si l’opération a été combinée à une chirurgie de la rétine avec injection de gaz.

Prendre rendez-vous

Pour une consultation ou une chirurgie. Pensez à apporter votre dossier médical ainsi que vos ordonnances habituelles.