Tumeurs et cancers de la paupière

Une lésion de la paupière n’est pas forcément un cancer. Mais l’aspect ne suffit pas à trancher : seul l’examen anatomopathologique au microscope permet de savoir avec certitude de quoi il s’agit.

Les tumeurs de la paupière

Beaucoup sont bénignes : elles grossissent très lentement, ou cessent d’évoluer. Parmi les cancers, le plus fréquent de loin est le carcinome basocellulaire (de 80 à 95 % des tumeurs malignes de la paupière selon les séries). Il touche surtout la paupière inférieure, l’exposition au soleil le favorise, et il détruit localement les tissus. Les métastases sont exceptionnelles. D’autres cancers sont plus rares (carcinome épidermoïde, carcinome sébacé, mélanome) et peuvent, eux, se disséminer.

Les signes qui doivent faire consulter

  • Une lésion qui persiste plus de quelques semaines.
  • Un petit nodule perlé ou brillant, ou une plaie ou une croûte qui ne cicatrise pas.
  • Un saignement au contact.
  • Une perte de cils à l’endroit d’une lésion.
  • Un bord de paupière qui se déforme.
  • Un « chalazion » qui revient toujours au même endroit.

Une tumeur maligne laissée sans traitement grossit en surface, mais aussi en profondeur, de façon insidieuse. Le traitement d’une tumeur évoluée est plus difficile, plus mutilant, et les chances de guérison définitive sont plus aléatoires.

Le diagnostic et l’opération

L’opération a pour but d’enlever toute la lésion et de la faire analyser. Parfois, on se contente d’une biopsie (un prélèvement) si l’ablation complète n’est pas possible ou pas souhaitable d’emblée. Elle se fait en ambulatoire ou pendant une courte hospitalisation, sous anesthésie locale ou générale, à la Nouvelle Clinique Bel Air.

Selon l’étendue, il faut retirer une partie de la paupière sur toute son épaisseur, si la fermeture direcre n’est possible, il faut la reconstruire par lambeau régional et/ou des greffes de peau, de muqueuse ou de cartilage, prélevées sur la paupière, sur le visage, derrière l’oreille ou dans la bouche. Il n’est pas toujours possible de mesurer l’extension de la tumeur pendant l’opération : c’est l’examen au microscope qui la précise. En cas d’ablation incomplète, un traitement adapté vous est proposé.

Après l’opération

La paupière est enflée, parfois douloureuse les premiers jours. Les fils sont retirés en consultation. Le résultat de l’analyse arrive quelques jours plus tard, et le suivi en dépend : simple surveillance de la cicatrisation si la tumeur est bénigne ; surveillance régulière pour dépister une récidive locale si elle est maligne, traitements complémentaires (radiothérapie, chimiothérapie) discutés en réunion pluridisciplinaire et bilans périodiques si elle peut se disséminer.

Les risques

  • Saignement, atteinte de petits nerfs (zone de peau insensible), atteinte partielle de muscles des paupières (troubles de l’ouverture et de la fermeture).
  • Cicatrisation qui rétracte la paupière : entropion ou ectropion, parfois inévitables après une large résection, qui peuvent nécessiter une ou plusieurs autres opérations de chirurgie plastique.
  • Un aspect de paupière parfaitement normal ne peut pas être garanti, surtout après une chirurgie large.
  • Infection : rare, traitée par antibiotiques et parfois par une nouvelle intervention.
  • Si l’opération passe près des voies lacrymales : larmoiement, parfois définitif.

Questions fréquentes

Une petite lésion peut-elle attendre ?

Une lésion bénigne peut rester stable pendant des années. Un cancer, lui, grossit. Comme l’aspect ne permet pas de savoir systématiquement, mieux vaut la faire examiner.

Peut-il revenir ?

Oui, une récidive locale est possible, surtout si l’ablation n’a pas été complète. C’est pour cela que la lésion est analysée et que la paupière est surveillée.

Que puis-je faire pour me protéger ?

L’exposition au soleil est le principal facteur de risque du carcinome basocellulaire : lunettes de soleil, chapeau, et un suivi dermatologique régulier si vous avez déjà eu un cancer de la peau.

Prendre rendez-vous

Pour une consultation ou une chirurgie. Pensez à apporter votre dossier médical ainsi que vos ordonnances habituelles.